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Il ne faudrait pas mettre de conditions à l'indépendance

RaidPandaAug 23, 2026

Ce qui fait boguer les péquistes autour de moi, c'est que c'est par amour du Québec et du projet indépendantiste que je m'oppose au PQ.

Ils ternissent l'idée de notre émancipation politique en faisant croire qu'elle n'a rien à offrir aux immigrants, aux peuples autochtones, aux anglos...

Si c'est le cas, alors c'est que c'est un mauvais projet. Or, il n'y a aucune raison autre que la paresse ou la mauvaise foi pour que ce soit le cas.

On pourrait offrir plus d'autodétermination aux peuples autochtones et faire de la réconciliation une réalité plutôt que des promesses.

On pourrait mieux accueillir et intégrer les immigrants pour qu'ils se sentent d'abord québécois et fiers de l'être.

On pourrait traiter la minorité anglophone avec le respect et la considération que le Canada n'offre pas aux minorités francophones.

On pourrait construire un pays accueillant, inspirant, et devenir un modèle de démocratie, de vivre-ensemble et d'adaptation aux défis du XXIe siécle.

Il n'y a pas de raison pour que nous ne puissions pas faire de l'indépendance le moyen d'accéder aux leviers nécessaires pour nous défaire des chaînes du passé et offrir une alternative au déclin des démocraties libérales en occident.

Quelque chose comme un petit peuple

En renonçant d'offrir une meilleure alternative au Canada à divers groupes de la population québécoise, la frange réactionnaire du mouvement indépendantiste appauvrit volontairement la valeur du Oui dans une éventuelle campagne référendaire. Ce faisant, elle nous condamne à un échec dont le mouvement pourrait mettre à nouveau plus de 30 ans à se remettre.

On ne peut pas demander aux gens exclus d'emblée par le parti qui se veut le vaisseau amiral de l'indépendance de voter Oui sous prétexte qu'on ne doit pas mettre de conditions à l'indépendance.

Ce ne sont pas eux qui ont choisi que le projet leur soit défavorable, ou parfois même hostile. L'émancipation des uns ne peut pas se faire au détriment des autres. Personne n'est libre tant que tout le monde n'est pas libre.

Le premier chapitre de l'histoire d'un Québec pays ne doit pas rimer avec celui du début de l'histoire canadienne : les politiques coloniales, l'assimilation, la discrimination linguistique... À quoi bon être souverains si on n'a même pas envie de faire mieux ?

Faire le choix de la fierté

Qu'est-ce qui rend fier d'être Québécois, sinon nos succès, nos victoires et nos ambitions ?

On ne bâtit pas un attachement à son pays par la peur, le ressentiment et la division. Il faut oser rêver, nous projeter dans un avenir qui donne envie et savoir faire flèche de tout bois dans l'adversité.

Alors peut-être aurons-nous confiance en notre capacité d'être un pays où il fait mieux vivre que sous les mirages de Carney et la démagogie de Poilievre.

Quand on choisit de quitter, on le fait dans l'espoir d'un avenir meilleur. Mais peut-on avoir confiance que ce sera le cas quand l'aspirant Premier Ministre base ses appuis sur le ressentiment, l'exclusion et un manque flagrant d'ambition pour le Québec ?

Il revient d'abord au PQ de choisir la confiance plutôt que la méfiance. S'ils n'ont pas l'ambition de rendre l'indépendance attrayante, nous n'avons aucune raison de croire qu'ils construiront un pays dont on sera fiers.

Quel gâchis ce serait que de faire tous ces efforts pour devenir un pays sans fierté ni vision.